Revue et de presse, tendances et actualités, ce que nous avons vu, lu et entendu et que nous souhaitions partager avec vous. Friday c’est bio-inspiré propose de décrypter l’actualité économique, sociale et stratégique à la lumière des solutions que pourraient nous apporter le Vivant en modèle et allié.

STARTUP >> Agriodor, des odeurs qui peuvent changer le monde
Vu dans Les Echos. La startup française Agriodor développe une approche innovante de protection des cultures fondée sur… les odeurs.
Son principe : reproduire les signaux chimiques naturellement émis par les plantes pour influencer le comportement des insectes ravageurs. Plutôt que de les tuer avec des pesticides, ces “parfums” permettent de les attirer, les repousser ou perturber leur orientation, protégeant ainsi les cultures tout en préservant la biodiversité.
Spin-off de l’INRAE, la startup s’appuie sur l’écologie chimique et développe une nouvelle génération de solutions de biocontrôle olfactif, déjà testées sur plusieurs cultures (betterave notamment) avec des résultats prometteurs.
Dans un contexte où les insectes développent des résistances aux pesticides, où les réglementations se durcissent, où les rendements agricoles sont à la peine, et où la biodiversité décline, cette approche est une alternative crédible, efficace et « scalable » aux solutions chimiques traditionnelles.
En vidéo ici Alain Thibault, fondateur CEO, vous explique Agriodor et le potentiel !
Derrière l’innovation agricole … c’est un enjeu d’indépendance stratégique.
Ce sujet en effet dépasse largement l’agriculture. Pourquoi ? On parle beaucoup de dépendance énergétique ou pétrolière, mais beaucoup moins de dépendance aux intrants agricoles (engrais, pesticides …), pourtant, eux aussi sont basés sur le pétrole et sont produits dans des zones géopolitiquement sensibles. Les engrais aussi passent par le détroit d’Ormuz !
Développer des solutions fondées sur le vivant, produites localement, revient aussi à réduire la dépendance aux chaînes d’approvisionnement internationales ; à limiter l’exposition aux chocs géopolitiques ; et à renforcer la souveraineté agricole.
En France on n’a toujours pas de pétrole, mais on a des entreprises innovantes comme Agriodor qui peuvent aider à réinventer l’agriculture, ce serait dommage qu’elles partent l’appliquer ailleurs !
Ce sujet révèle un point fascinant souvent sous-estimé qu’on aime révéler à Biomim’expo notamment : l’odeur est l’un des principaux langages du vivant ! Par exemple chez les insectes les odeurs servent à trouver de la nourriture, localiser une plante, choisir un partenaire, éviter un danger … d’ailleurs si on y réfléchit un peu, chez nous aussi non ? 😉
Et il n’y a pas que les bêtes à 6 pattes (ou plus ou moins), les plantes aussi communiquent énormément par les odeurs : pour attirer des pollinisateurs (qui ne les trouvent pas par hasard figurez-vous, ils sont attirés, au risque de vous décevoir), pour repousser des ravageurs, voire pour “alerter” d’autres plantes d’un danger.
D’une certaine manière, les odeurs sont le “média invisible” du vivant. Agriodor « ne fait que » traduire et reproduire un langage universel dans la nature.

DETTE PUBLIQUE >> L’heure des choix a sonné. Mais comment ferait le Vivant ?
La dette publique mondiale atteint aujourd’hui des niveaux inédits depuis la Seconde Guerre mondiale. Selon plusieurs analyses récentes, elle dépasse désormais largement les 90 000 milliards de dollars à l’échelle globale, portée par une succession de crises : financière, sanitaire, énergétique et géopolitique. Mais c’est aussi, de mon point de vue (AR), la preuve d’un manque de courage politique, et peut-être encore plus, de stratégie et de vision. La « solution » évidente face à un problème est de dépenser plus. Il suffit d’observer le débat politique.
Dans son édito dans Les Echos, Jean-Marc Vittori souligne le caractère vertigineux de cette accumulation : les États se sont massivement endettés pour amortir les chocs successifs, mais sans véritable retour à l’équilibre. Résultat : la dette devient structurelle, et non plus conjoncturelle.
Cette situation crée une tension croissante : d’un côté, des besoins d’investissement colossaux (transition énergétique, défense, santé, adaptation climatique)
de l’autre, des marges de manœuvre budgétaires de plus en plus limitées.
Le risque n’est plus seulement financier. Il devient politique et stratégique : les États (considéré encore en France comme un Etat Providence) pourraient ne plus avoir les moyens d’agir face aux crises à venir.
Pendant des décennies, la dette a été perçue comme un levier : on s’endette aujourd’hui pour investir pour demain.
Mais aujourd’hui un changement à 180° s’opère, nous entrons désormais dans une phase où il ne s’agit plus d’augmenter la dette pour investir, mais au contraire de la contenir, voire de la réduire pour pourvoir investir.
Cette dette a franchi 3 étapes : au début la dette servir à investir dans les grands projets, la reconstruction, des réformes de fonds, des infrastructures … ; ensuite, elle a servie à apaiser les tensions sociales et économiques, comme un « outil politique » et non plus financier ; enfin désormais, elle nous bloque, elle va devenir notre premier poste de dépense, elle ne peut plus répondre aux attentes sociales, et elle empêche d’investir face pourtant à des besoins croissants :
- décarboner les économies,
- restaurer les écosystèmes
- réduire les risques climatiques
- financer la santé et la recherche
- lutter contre les inégalités
- préserver la sécurité
- relocaliser certaines productions
- ...
C’est un changement complet de schéma de pensée, y compris politique (et c’est pour ça que c’est loin d’être gagné !) : il faut donc faire plus… avec moins de marges financières, pour répondre à des besoins immenses et eux-aussi inflationnistes (plus on tarde plus ça coûte).
Et les arbitrages budgétaires sont tout aussi difficiles à faire du côté de la sphère privée qui, comme elle le prouve à chaque crise, a tendance à se recroqueviller lorsque les vents sont forts, en espérant retrouver l’accalmie après la tempête et reprendre des « vies normales ».
Le vivant sait gérer des ressources finies, par la circularité, le recyclage, la sobriété, la robustesse si vous voulez … mais pas seulement.
Ce qui est surtout important à garder en tête, c’est que le Vivant évolue en permanence dans un environnement instable. L’instabilité, c’est sa normalité. La crise, son accélérateur.
Les crises – climatiques, écologiques, énergétiques, alimentaires – ne sont pas des anomalies (sur le temps long), elles font partie du fonctionnement normal du vivant.
Et face à ces crises, le vivant ne cherche pas seulement « à tenir » (robustesse) , il s’adapte, se transforme, évolue (résilience). On le voit très concrètement aujourd’hui : déplacement d’espèces vers le nord, modification des cycles biologiques, recomposition d’écosystèmes, mutations biologiques … Lorsque notre premier réflexe de notre côté est plutôt, en pleine crise, de miser sur des « réserves » (dites « stratégiques » – mais c’est tout sauf stratégique de miser sur des réserves en réalité), de réduire l’activité, de dépenser moins … certes, mais ce n’est pas s’adapter, c’est attendre le retour « à la normale ».
Dans le Vivant, les contraintes accélèrent les mutations, chez nous elles ont tendance à les geler.
La question n’est donc pas seulement : comment faire avec moins ? Mais surtout : comment transformer nos modèles sous contrainte ?
Autrement dit, les crises financières, climatiques ou géopolitiques ne doivent pas seulement être des limites, elles peuvent devenir des accélérateurs de transformation, à condition de les considérer comme telles. Elles devraient être des alliées et de bons prétextes au changement alors qu’elles encouragent le statu quo.
Finalement, on pourrait dire “Dans le vivant, les crises ne se « gèrent » pas, elles transforment.”

SOCIÉTÉ >> Chute de la démographie, quel message ?
La France vient de franchir un seuil historique : en 2025, le nombre de décès a dépassé celui des naissances, marquant un basculement démographique inédit. Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large de baisse de la natalité observé depuis plusieurs années.
Les conséquences commencent déjà à se matérialiser. Le système éducatif anticipe une chute massive des effectifs : près de 1,7 million d’élèves en moins d’ici 2035 ! obligeant l’État à repenser en profondeur l’organisation territoriale de l’école.
Au-delà du cas français, c’est une dynamique globale qui se dessine dans de nombreux pays développés : baisse durable de la fécondité + vieillissement de la population = transformation des équilibres économiques et sociaux.
Un changement structurel, aux implications majeures pour les modèles économiques, les politiques publiques et les équilibres de long terme. Mais aussi pour les entreprises et leurs marchés, qui eux aussi, s’effondrent en nombre d’individus consommateurs et clients.
Les consommateurs deviennent eux aussi une espèce en voie de disparition. Etes-vous prêts ?
Depuis le rapport Rapport Brundtland (https://fr.wikipedia.org/wiki/Rapport_Brundtland pour les plus jeunes), une question structurait les politiques publiques et feuilles de route Développement Durable des entreprises :
Comment préserver un avenir pour nos enfants ?
Une autre question émerge aujourd’hui, plus dérangeante :
Cet avenir aura-t-il encore des enfants ?
Ce basculement est profond. Il ne s’agit plus seulement de durabilité environnementale ou économique, mais de dynamique même du genre humain ! Je (Alain Renaudin) me souviens qu’au début des années 2000, la grande question angoissante était « comment allons-nous faire lorsque nous serons 10 milliards d’humains ? ». Personnellement je n’y ai jamais cru. La question est bien différente aujourd’hui : combien de temps encore serons-nous en capacité de préserver un espace habitable à l’Homme ? « Vivre sur Terre », le nouvel enjeu ! Une somme de facteurs sont identifiés (et largement documentés) comme explicatifs : économiques (coût de la vie, logement) ; sociaux (évolution des modes de vie) ; culturels (rapport à la parentalité) ; environnementaux (climat, incertitudes) ; et bien sûr sanitaires et médicaux (perte de fertilité)
Dans quelle mesure la décision de se reproduire est-elle liée à la perception des conditions futures ?
Lors de Biomim’expo 2020, Allain Bougrain-Dubourg (président historique et emblématique de la LPO) nous rappelait le cas des pigeons voyageurs américains, plus précisément la tourte voyageuse, une espèce autrefois extrêmement abondante en Amérique du Nord et qui a totalement disparu. Pourquoi ?
Malgré des populations initialement gigantesques, l’espèce s’est effondrée au XIXe siècle sous l’effet de la destruction de son habitat et de la chasse. Mais pas seulement : Allain B-D et les naturalistes soulèvent un point intéressant souvent évoqué : lorsque les conditions écologiques ne sont plus réunies (densité, environnement, ressources, stress), certaines espèces peuvent « décider » de réduire leur reproduction fortement, accélérant leur disparition en plus des facteurs défavorables. C’est ce qui s’est passé.
Sans transposer directement à l’humain, cela rappelle une idée clé du vivant : la reproduction n’est pas « automatique », elle est l’objet d’une « décision ». Elle peut donc – aussi – dépendre des conditions perçues comme favorables – ou pas – à la survie de l’espèce.
Autrement dit, l’espèce humaine a-t-elle déjà abandonné ?
La question GenQuiz de la semaine …

Si la vie sur Terre et ses 3,8 milliards d’années était un livre de 1000 pages. Que représenterions-nous en tant qu’Homo Sapiens ?


GenQuiz c’est un nouvel outil d’acculturation scientifique et de réémerveillement pour développer sa culture générale et mieux comprendre les clés du monde par un jeu de questions-réponses dans une multitude de domaines.
Parce qu’on protègera mieux, on s’intéressera davantage, on aimera plus, et on prendra de meilleures décisions si on connaît mieux, et notamment les fondamentaux et les grands ordres de grandeur.
Un outil que vous pourrez aussi personnaliser pour traduire en questions-réponses des séries sur votre biodiversité locale, votre rapport RSE, ou feuille de route stratégique … pour amener vos parties prenantes, habitants ou équipes à vos sujets par le jeu, en suscitant leur curiosité et en les challengeant.
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