Revue et de presse, tendances et actualités, ce que nous avons vu, lu et entendu et que nous souhaitions partager avec vous. Friday c’est bio-inspiré propose de décrypter l’actualité économique, sociale et stratégique à la lumière des solutions que pourraient nous apporter le Vivant en modèle et allié.

ECONOMIE >> Vous reprendrez bien 5 milliards de sinistres ?
Le coût des événements climatiques continue de peser lourdement sur le système assurantiel français. En 2025, la facture dépasse à nouveau les 5 milliards d’euros, confirmant une tendance de fond à la hausse liée à la multiplication des sinistres (inondations, sécheresses, tempêtes). Rendez-vous compte : sur le risque RGA (Retrait Gonflement Argile), 55 % du territoire métropolitain sera classé le 1er juillet 2026 en zone d’exposition moyenne ou forte. Soit plus de 12 millions de maisons individuelles ! (Source : Ministère de la Transition écologique). Un véritable cauchemar pour les assureurs, et les assurés, mais aussi les élus locaux.
Cette pression croissante se traduit déjà concrètement : hausse des primes d’assurance, réduction de certaines garanties, et tensions sur le modèle même de mutualisation des risques. À moyen terme, certains territoires deviennent plus difficiles à assurer, tandis que les coûts pourraient encore augmenter fortement d’ici 2050.
En parallèle, les collectivités font face à une adaptation de plus en plus complexe : inondations, érosion côtière ou canicules obligent à repenser en profondeur l’aménagement des territoires. L’enjeu n’est plus seulement de réparer, mais d’anticiper et de transformer les infrastructures pour faire face à des événements devenus structurels.
Ces chiffres envoient un signal très clair aux directions générales : le climat n’est plus un sujet environnemental, c’est un sujet économique et assurantiel.
Mais ce constat ouvre aussi une autre perspective : face à cette montée des coûts, la réponse ne pourra pas être uniquement financière ou technique. Elle passe aussi par une réduction des risques à la source, en repensant la manière dont nos sols, territoires et ensembles bâtis interagissent avec les phénomènes naturels.
Et c’est précisément là que le vivant apporte des pistes concrètes, et nouvelles, via les Solutions Fondées sur la Nature et/ou le Biomimétisme (souvent les deux combinés)
Sur les inondations par exemple, certaines approches inspirées des écosystèmes — restauration de zones humides, ralentissement des écoulements, désartificialisation — permettent de réduire l’intensité des crues plutôt que d’en subir les conséquences. À l’image des dynamiques naturelles, où l’eau est absorbée, stockée, redistribuée (et pas aiguillée en mode tobogan par nos améganements actuels)
Le cas du retrait-gonflement des argiles (RGA), lié aux alternances sécheresses/pluviométrie, illustre aussi cette nécessité : plutôt que de renforcer indéfiniment les infrastructures, il devient stratégique de mieux comprendre les interactions entre sols, eau et végétation. Autrement dit, raisonner en système et rendre les sols et fondations plus élastiques et « vivants ».
Finalement, le vivant ne propose pas seulement des solutions techniques, mais des logiques de régulation des risques.
Pour les entreprises et les territoires, cela ouvre une voie complémentaire : passer d’une logique de réparation (assurer, indemniser) à une logique d’adaptation inspirée du fonctionnement des écosystèmes. Pour réduire le risque en amont, plutôt que financer ses conséquences en aval.
À travers son activité de veille, de conseil, et en tant qu’organisateur de Biomim’expo (à la fois événement et plateforme de réseaux), NewCorp Conseil travaille a cette nouvelle approche stratégique et a déjà identifié des recommandations et solutions de terrain. Prenez contact pour en savoir plus.
> Article 1 Les Echos : Assurance : la facture des événements climatiques dépasse encore les 5 milliards
> Article 2 Les Echos : Inondations, érosion côtière, canicules : la vertigineuse adaptation des territoires aux extrêmes du climat
> Article 3 Les Echos : Maisons fissurées : plus de la moitié de la France classée à risque


MANIFESTE >> Quand le biologiste Marc-André Selosse fait l’éloge de la biodiversité
Le professeur au Muséum national d’Histoire naturelle souligne, dans un court ouvrage intitulé « De la biodiversité comme un humanisme », tout l’apport du vivant à nos sociétés, en dépit des menaces qui pèsent sur lui. Il appelle les pouvoirs publics à mieux le protéger.
Dans une tribune publiée par Le Monde, le biologiste Marc-André Selosse rappelle une idée essentielle : la biodiversité n’est pas un “plus”, mais une condition de fonctionnement de nos sociétés.
Considérant que la biodiversité (et son effondrement) occupe une place totalement marginale dans les médias et dans les débats politiques, cet ouvrage est aussi sûrement, pour bien connaître son auteur, un « coup de gueule » pour inviter les candidats à la Présidentielle 2027 à l’intégrer très sérieusement aux premiers plans de leurs réflexions et projets !
Marc-André Selosse rappelle, une nouvelle fois, que cette biodiversité est au cœur de notre alimentation, de notre santé et de nos économies. Des milliards d’êtres humains dépendent directement d’espèces sauvages pour se nourrir, tandis que la complexité des écosystèmes joue un rôle clé dans la régulation des maladies et le bon fonctionnement des sols agricoles.
Au-delà de cette dimension utilitaire, le professeur défend une vision plus profonde : l’humain n’est pas extérieur au vivant, il en est une composante. La biodiversité constitue un réseau d’interdépendances dont nous faisons partie, et dont dépend directement notre avenir.
Cet article, ce livre, comme TOUS les livres et articles et interviews de Marc-André Selosse, sont essentiels. Aussi exceptionnel scientifique que brillantissime orateur pédagogue, Marc-André Selosse devrait être obligatoire !
Ce qu’il nous rappelle, et rappelle avec une infatigable énergie (mais qui finit par user et l’agacer parfois), c’est que nous dépendons du monde qui nous entoure ! What a scoop !
Ce qui est à nouveau remarquable dans cet article c’est que le biologiste parle aux économistes, aux financiers, aux prétendants politiques, aux gestionnaires du bien commun ou d’affaires privées, pour proposer de déplacer le regard et ne plus regarder seulement la biodiversité comme un sujet de protection ou de réparation, mais un système de fonctionnement dont nous dépendons structurellement, dont TOUT DÉPEND.
Pour les entreprises en particulier, cela change profondément la manière d’aborder l’innovation ou tout simplement l’avenir. Le vivant n’est pas uniquement une source d’inspiration (bio-inspiré) ou une ressource (bio-based), ou un sujet d’éthique, de morale ou de « reponsabilité », c’est le cadre structurant de tout projet. Comprendre comment les écosystèmes fonctionnent – interactions, coopérations, dépendances – devient une clé pour concevoir des modèles plus robustes.
Autrement dit, s’inspirer du vivant, c’est aussi apprendre à penser en termes de relations et pas seulement d’objets.
C’est aussi dans cet esprit que s’opère la mutation du biomimétisme, de Biomim’expo et des conseils stratégiques que nous proposons : passer d’une logique où l’on optimise des solutions isolées à une approche où l’on conçoit des systèmes capables de fonctionner dans un réseau d’interdépendances.
Marc-André Sélosse est professeur au Muséum national d’Histoire naturelle et enseigne dans plusieurs universités en France et à l’étranger. Ses recherches portent sur les associations à bénéfices mutuels (symbiose), et ses enseignements, sur la plante, les microbes, l’écologie et l’évolution. Il est éditeur de revues internationales et d’Espèces, une revue de vulgarisation dédiée aux sciences naturelles. Il est aussi très actif dans ce domaine par des conférences, vidéos, documentaires et articles.
Il est l’auteur chez Actes Sud de Jamais seul (2017), Les Goûts et les Couleurs du monde (2019), L’Origine du monde (2021) et de Nature et préjugés (2024).
Soucieux de la qualité de l’enseignement des sciences et du faible niveau de culture scientifique y compris chez les décideurs politiques, il préside également la fédération « BioGée ».
Marc-André Selosse, pour notre plus grand bonheur, est devenu un véritable habitué de la scène de Biomim’expo, compagnon de route, et désormais ami.
Retrouvez-le ici à travers quelques dernières interventions, en solo ou en table-ronde. Tout est savoureux !
> Biomim’expo 2025 / Table-ronde ET SI L’AGRICULTURE DU FUTUR ÉTAIT DÉJÀ LÀ ? à visionner ici
> Biomim’expo 2024 / Conférence DÉCONSTRUIRE NOS PRÉJUGÉS, QUI NOUS EMPÊCHENT DE COMPRENDRE LA NATURE ET DONC D’AGIR EN CONSÉQUENCE à visionner ici
> Biomim’expo 2022 / Table-ronde LORSQUE LES INTERACTIONS CREENT LA VIE à visionner ici

CONCOURS >> L’Oréal Groupe a ouvert L’ACCELERATOR 2026
L’Oréal Groupe ouvre officiellement les candidatures pour L’AcceleratOR 2026, son programme d’accélération dédié à l’innovation durable.
À qui ce concours s’adresse-t-il ? : vous êtes une startup en phase de croissance ou une entreprise innovante avec une solution prête à être testée, dont la solutioncorrespond à l’un des thèmes suivants :
- Low carbon climate-smart technologies
- Water resilience
- Nature based-solutions
- Alternative ingredients & materials
- Eliminating fossil plastic use and plastic waste
- Circularity and resource management
- Sustainable and inclusive business model
L’AcceleratOR, c’est quoi ?
- Un programme d’accélération de 12 semaines animé par le Cambridge Institute for Sustainability Leadership (CISL),
- Un accompagnement sur mesure par des experts en durabilité, innovation et business.
- Des opportunités de pilotes concrets avec L’Oréal pour tester et déployer votre solution
Clôture des candidatures : 6 mai 2026
STARTUPS >> Recherche et innovation du futur : et si demain nos fenêtres produisaient de l’énergie ?
2 podcasts pour un ! Pour une innovation qui pourrait changer notre quotidien, et plus vite qu’on ne pense.
Nous vous proposons de partir à la rencontre de Frédéric Sauvage, Directeur de recherche CNRS au Laboratoire de Réactivité et Chimie des Solides (CNRS/UPJV) ; CTO et co-fondateur de G-LYTE et CRYSTAL ENERGY ; … et lauréat du Prix spécial Energie des Biomim’expo Awards 2025 !
Le sujet ? produire de l’énergie à partie de la lumière ambiante, ou en transformant le verre de vos fenêtres en panneaux photovoltaïques transparents !
> Reportage dans ses laboratoires à Amiens dans le Podcast du CNRS « Sur le fil de l’innovation »
> Interview avec Mars Mortelmans dans le studio de Biomim’expo 2025.
Le Biomim Energy Lab est un groupe de travail sur le biomimétisme et l’énergie composé de Rte, Groupe Renault, ENGIE, Sicame, EDF, IPVF, Prysmian, Eiffage, CEA, Ademe, Région Nouvelle-Aquitaine, UniLaSalle, Université de Pau et des Pays de l’Adour, Université Paris Cité, Ceebios et NewCorp Conseil.
En 2025 il avait décidé de remettre un Prix spécial Energie à l’occasion des Biomim’expo Awards 2025.
Ce Prix spécial à été décerné à Frédéric Sauvage pour Crystal Energy.


STARTUPS >> Encore des emballages en mycélium ! Lorsqu’une tendance devient une offre de marché
Cette fois-ci ils s’appellent S.LAB et ils nous viennent d’Ukraine !
La startup S.Lab fondée en 2020 par Julia Bialetska et Eugene Tomilin développe des solutions d’emballage à base de mycélium, conçues pour remplacer les mousses plastiques type polystyrène. Leur approche repose sur un matériau composite associant déchets agricoles (chanvre, fibres végétales) et mycélium, qui agit comme un liant naturel. Le matériau “pousse” littéralement pour prendre la forme souhaitée, avant d’être séché pour obtenir un emballage rigide, résistant et compostable. Lorsque nous les avons rencontrés, ils assuraient qu’aucun liant synthétique n’était ajouté dans le process de production.
L’entreprise annonce pouvoir produire à grande échelle via un procédé industriel automatisé et promet des performances proches des matériaux conventionnels (résistance, isolation), tout en réduisant fortement l’impact environnemental : jusqu’à -90 % de CO₂ et d’eau par rapport au polystyrène. Le matériaux est également annoncé 100% biodégradable en 30 jours.
Ce nouvel exemple est intéressant au-delà de la technologie elle-même (un standard de marché se dessine) car il vient compléter une liste désormais assez longue d’acteurs et de solutions dont NewCorp Conseil et Biomim’expo vous ont déjà parlé (Fungus Sapiens, Permafungi, Koz, Embellium, Bioregion Institute, Côme di Meglio … sans parler des américains Ecovative ou Mycoworks)
Autrement dit, nous voyons que tous ces acteurs ne sont plus des cas isolés. C’est le signe qu’une véritable nouvelle offre et filière de marché est en train d’émerger. La qualité, la compétitivité-prix et la capacité à monter à des échelles industrielles commencent à être au rendez-vous.
Quand plusieurs startups, dans différents pays, développent des solutions similaires autour d’un même principe, ce n’est plus une expérimentation, c’est le signe d’une maturation de marché. Le mycélium qui pouvait surprendre, voire amuser, il y a quelques temps, n’est plus seulement une promesse ou un démonstrateur inspirant, il devient progressivement une brique industrielle crédible pour remplacer certains matériaux.
C’est donc de notre point de vue un signal important pour les entreprises, pour ne plus seulement s’y intéresser mais commencer à réfléchir à la façon de l’intégrer.
Pour cela nous recommandons (et pouvons l’accompagner) des séries limitées expérimentales et démonstratives. Les marques associées trouveront aussi dans ces « concept packs » (à l’instar des concept cars) un intérêt en positionnement et en communication.
Dernier point : l’idée de brique et de plateforme : ici le vivant ne propose pas seulement des inspirations ponctuelles et isolées, mais une alternative transversale, multisectorielle et multi-usages, avec une famille de solutions capables de structurer de nouveaux marchés.
EXPOS >> 2 expos à ne pas rater avant le 12 avril
La grande expo à Paris-Saclay sur « L’énergie du Vivant – Projets de recherche et d’innovation bio-inspirés ». Infos en cliquant ici.
Et « Bâtir Vivant », la nouvelle expo de l’Institut pour un Design Soutenable. Expositions des travaux et créations d’inventeurs et de designers-chercheurs qui œuvrent 100 % sans empreinte plastique. Infos et programmes des conférences en cliquant ici.
La question GenQuiz de la semaine …

Quand la vie est-elle apparue sur Terre ?


GenQuiz c’est un nouvel outil d’acculturation scientifique et de réémerveillement pour développer sa culture générale et mieux comprendre les clés du monde par un jeu de questions-réponses dans une multitude de domaines.
Parce qu’on protègera mieux, on s’intéressera davantage, on aimera plus, et on prendra de meilleures décisions si on connaît mieux, et notamment les fondamentaux et les grands ordres de grandeur.
Un outil que vous pourrez aussi personnaliser pour traduire en questions-réponses des séries sur votre biodiversité locale, votre rapport RSE, ou feuille de route stratégique … pour amener vos parties prenantes, habitants ou équipes à vos sujets par le jeu, en suscitant leur curiosité et en les challengeant.
Inscrivez-vous à nos alertes hebdomadaires pour ne rien manquer
Merci pour votre inscription
Des actus et infos à proposer pour une prochaine alerte ? Ecrivez-nous
Merci pour votre proposition, que nous allons étudier.
Editions précédentes :




