« Friday c’est bio-inspiré » du 10 avril 2026

Revue et de presse, tendances et actualités, ce que nous avons vu, lu et entendu et que nous souhaitions partager avec vous. Friday c’est bio-inspiré propose de décrypter l’actualité économique, sociale et stratégique à la lumière des solutions que pourraient nous apporter le Vivant en modèle et allié.


La jeune chercheuse franco-américaine Marie Perrin a été récompensée par l’Office européen des brevets dans le cadre du Young Inventors Prize pour ses travaux sur le recyclage des terres rares, des métaux stratégiques indispensables à de nombreuses technologies : éoliennes, véhicules électriques, électronique ou encore équipements de défense.

Aujourd’hui, l’approvisionnement en terres rares repose largement sur l’extraction minière, une activité à la fois très polluante, énergivore et géopolitiquement concentrée. La quasi-totalité des terres rares utilisées en Europe est importée et moins de 1 % des terres rares sont recyclées, en raison de la complexité des procédés nécessaires pour séparer ces métaux souvent mélangés en très faibles quantités dans les produits.

La chercheuse a développé un procédé innovant permettant de séparer et récupérer sélectivement ces éléments à partir de déchets industriels, en s’appuyant sur une chimie plus fine, inspirée des mécanismes de reconnaissance moléculaire. Cette approche permet d’isoler plus efficacement certains métaux spécifiques, tout en réduisant l’usage de produits toxiques et la consommation d’énergie.


Impossible cette semaine de ne pas revenir sur la célébrissime photo … de 1968 prise lors de la mission Apollo 8 par Bill Anders et que la mission Artemis 2 n’a pas pu s’empêcher de copier … non d’honorer (ils font le coup à chaque fois, déjà reprise par Apollo 11)

Restons sur l’original, mais connaissez-vous son histoire ?

En 1968 les Américains bousculés par les Russes précipitent la préparation du premier homme sur la Lune. Il faut partir en éclaireur pour cartographier la surface du satellite de la Terre et repérer le meilleur endroit pour le futur alunissage. C’est la tâche d’Apollo 8, première mission habitée pour la Lune qui doit orbiter autour de notre satelitte pour établir ses observations (10 rotations seront effectuées). L’équipage est composé de Frank Borman (à gauche), le pilote du module de commande, James (« Jim ») Lovell le navigateur (à droite), et William (souvent appelé « Bill ») Anders, le pilote du module lunaire, et photographe (au centre).

Le cliché fut pris lors de la quatrième rotation avec un appareil photo Hasselblad. « Oh mon Dieu ! Voilà la Terre qui se lève. Que c’est beau ! », s’est exclamé Bill Anders. Il prit rapidement une photo en noir et blanc (à 16:38 UT), mais sans doute ébloui par les couleurs qui contrastaient avec tout le reste, Bill Anders demanda à Jim Lovell de lui passer rapidement une pellicule couleur (Kodak).

Jim Lovell s’activa, plusieurs fois relancé par Anders, comme le retranscrit la séquence sonore : Anders: Hurry.
Lovell: Where is it? Anders: Quick Lovell: Down here? Anders: Just grab me a color. A color exterior. Hurry up. Got one? Lovell: Yeah, I’m looking’ for one. C 368. Anders: Anything. Quick. Lovell: Here.

Mais la pellicule arriva trop tard, lorsque le film fût enfin dans l’appareil c’était raté. Anders: Well, I think we missed it.

La Terre avait disparue du hublot d’Anders … pour réapparaître quelques secondes plus tard par un autre hublot. La seconde occasion fut la bonne et cette fois-ci Bill Anders réussit à voler cet instant éphémère qui deviendra éternel. À 16:39 UT la photo est immortalisée sur la pellicule et deviendra « earthrise ».

La photo fut dévoilée par la NASA le 30 décembre 1968, 3 jours après le retour des astronautes. D’autres clichés de la Terre existaient déjà, mais pris depuis des satellites. Ce « lever de Terre », outre la perfection du cliché avec la surface lunaire au premier plan et la planète Terre en partie dans l’obscurité, semblant flotter dans l’immensité déserte et obscure de l’infini, se détachant par sa couleur vive et bleue, est la première photo prise par un homme tenant un appareil dans ses mains et regardant depuis l’univers l’image de la maison des hommes.

Anders déclarera plus tard à propos de cette photo : « Nous sommes partis explorer la Lune, et nous avons découvert la Terre ». Si l’histoire a surtout retenu « l’autre » phrase de Neil Armstrong prononcée quelques mois plus tard, il faut aujourd’hui rendre hommage à Bill Anders pour la puissance de cette sage et visionnaire interpellation. Le « bon de géant pour l’humanité » serait sans doute de prendre enfin pleinement conscience de la beauté et fragilité de cette Terre dont dépend notre destin d’humanité.

Une photo, et une citation, d’une incroyable et vertigineuse résonance aujourd’hui, au moment même où l’humanité n’a jamais autant pris conscience de la fragilité de sa planète mère et hôte.


La startup Bloomineral développe une technologie permettant de capter le CO₂ industriel et de le transformer en cristaux minéraux solides, directement valorisables.

Son procédé repose sur un principe de minéralisation accélérée : le CO₂ est combiné à des éléments chimiques pour reproduire, en quelques heures ou jours, des réactions naturelles qui prennent normalement des milliers d’années. Le gaz est ainsi converti en une forme stable, non volatile, et potentiellement réutilisable dans des applications industrielles.

L’intérêt est double : éviter les émissions de CO₂, et créer une ressource à partir d’un déchet.

La startup s’inscrit dans une nouvelle génération de solutions dites de “carbon capture and utilization” (CCU), qui ne se contentent plus de stocker le carbone, mais cherchent à le transformer en produits utiles.


Dans un article publié dans la revue Nature, l’architecte et pionnier du biomimétisme Michael Pawlyn propose une vision ambitieuse de la ville de demain : dépasser les approches actuelles de réduction d’impact pour concevoir des environnements urbains véritablement régénératifs.

Son point de départ est sans appel : les villes contemporaines fonctionnent selon un modèle linéaire, fortement consommateur de ressources (énergie, matériaux, eau) et générateur de déchets, ce qui les rend à la fois vulnérables aux crises climatiques et fortement contributrices aux émissions globales.

À l’inverse, le vivant repose sur des principes radicalement différents. Les écosystèmes naturels sont capables de fonctionner en boucle, d’optimiser l’usage des ressources, de s’adapter en permanence à leur environnement et de créer des conditions favorables à la vie.

Pawlyn propose ainsi de transposer ces principes à l’architecture et à l’urbanisme. Concrètement, cela implique de concevoir des bâtiments et des infrastructures capables de : produire de l’énergie plutôt que d’en consommer uniquement ; capter et stocker du carbone ; gérer localement les flux d’eau et de matière ; s’intégrer dans des systèmes interconnectés, à l’échelle du quartier ou de la ville

L’objectif n’est plus seulement de limiter les impacts négatifs, mais de créer des villes capables de fonctionner comme des écosystèmes, en interaction avec leur environnement et générant des bénéfices nets.


Retour sur un post qui est beaucoup plus que ça. C’est une réflexion ancienne, qui a mûrie, qui interroge et nous interroge, mais surtout se propose comme la base fondamentale de la mue que nous sommes en train d’opérer, nous tous, les entreprises, mais aussi notre écosystème de la transition, du biomimétisme, des solutions fondées sur la nature ….

C’est aussi le socle sur lequel se propose la suite (si suite il y a – on en est là) de Biomim’expo et de tous nos efforts acharnés depuis 10 ans. Nous sommes à ce point de bascule, qui est aussi un point de go no go.



Inscrivez-vous à nos alertes hebdomadaires pour ne rien manquer

Merci pour votre inscription


Des actus et infos à proposer pour une prochaine alerte ? Ecrivez-nous

Merci pour votre proposition, que nous allons étudier.


Editions précédentes :




Laissez un commentaire