Revue et de presse, tendances et actualités, ce que nous avons vu, lu et entendu et que nous souhaitions partager avec vous. Friday c’est bio-inspiré propose de décrypter l’actualité économique, sociale et stratégique à la lumière des solutions que pourraient nous apporter le Vivant en modèle et allié.

INTERVIEW >> Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, nous parle de sa vision stratégique sur l’environnement (et ça fait du bien).
Dans un entretien aux « Echos », la directrice générale du géant français des services à l’environnement Veolia souligne que l’enjeu n’est plus seulement de « sauver la planète » mais de sécuriser notre approvisionnement en eau, en énergie et en matières premières. Un constat d’actualité dans un contexte de fortes tensions géopolitiques.
Face à ce qu’elle appelle de « véritables crises de sécurité environnementale », la directrice générale de Veolia affirme que le dérèglement climatique est plus que jamais un sujet crucial, qui dépasse les clivages politiques. Que ce soit pour traiter le problème des PFAS dans l’eau ou pour recycler les déchets, l’entreprise poursuit ses efforts de recherche et développement.
💬 « Dans un monde marqué par l’instabilité, on pourrait penser que l’adaptation au dérèglement climatique passe au second plan. Ce n’est pas le cas. »
💬 « L’enjeu n’est pas de « sauver la planète », c’est de sécuriser votre approvisionnement en eau, en énergie ou en matières premières et de ne pas dépendre d’une tension géopolitique à l’autre bout de la Terre qui va faire que vous allez devoir interrompre votre production ou bien subir des variations de prix ingérables. »
💬 « Le sujet est ainsi passé du statut d’enjeu environnemental à celui de ressource critique dont il faut sécuriser l’approvisionnement pour tous, tout le temps. »
💬 « Le rôle d’une entreprise comme celle que je dirige, c’est d’innover pour construire des solutions qui soient déployables à l’échelle pour faire face à ces crises. »
💬 « On n’a pas besoin de plus d’ambition, ni de multiplier les lois. On a besoin de réalisations, de passer à la mise en application dans les territoires. Dans l’intention, le discours et la régulation, l’Union européenne a été en avance sur tous ces sujets mais j’observe que les projets de Veolia en Europe vont désormais deux fois moins vite que dans le reste du monde alors que les solutions existent. »
💬 « Cela coûte huit fois moins cher d’anticiper et d’éviter une crise plutôt que d’avoir à en gérer les conséquences. »
💬 « Nous avons besoin de stabilité des dispositifs et d’accélération des décisions. L’accès à ces services essentiels et ces besoins critiques – eau, énergie, matières premières -, c’est le fil rouge d’une forme d’autonomie stratégique européenne et de garantie de compétitivité et de prospérité. Il faut se fixer quelques priorités et s’y tenir. »
À travers cette prise de position, Estelle Brachlianoff pose, enfin et brillamment, l’environnement, la protection et la sécurisation des ressources comme un enjeu stratégique, politique et de résilience économique !
OUI, préserver les ressources et le Vivant est aussi une question économique et stratégique, donc sociale et politique ;
OUI, les solutions sont déjà là, l’enjeu c’est d’accélérer et de changer d’échelle ;
OUI, la France a tous les atouts (académiques et industriels) pour inventer un nouveau paradigme.
Depuis 25 ans de travail, d’études de tendances et d’accompagnement stratégique, nous avons trouvé chez NewCorp Conseil notre boussole à travers l’idée de biomimétisme pour considérer le Vivant à la fois comme un modèle et un allié, pour innover mais aussi pour « travailler comme lui » (déchets, circuits courts, symbiose économique, circularité, production économe …).
C’est ce pour quoi nous avons créé le rendez-vous solutions et la plateforme Biomim’expo qui rentre parfaitement en résonance avec la vision stratégique exprimée ici.

MARCHÉS >> L’agriculture – aussi – dépend des cours du pétrole
Les Echos nous rappellent le 12 mars que l’Agriculture aussi tourne au pétrole ! Le plein des engrais à la pompe subit de plein fouet la guerre du moyen-orient et nous rappelle la dépendance de notre alimentation aux énergies fossiles.
Selon les données d’Argus Media, 31 % des exportations d’urée, l’engrais le plus courant, transitent par le détroit d’Ormuz. Pour l’ammoniac et ses dérivés comme les ammonitrates, la part descend à 18 %, et à 15 % pour les engrais phosphatés.
Quant au soufre, issu des raffineries de pétrole et servant à fabriquer de l’acide sulfurique, 44 % des échanges mondiaux passent au large de l’Iran. L’industrie des engrais phosphatés a, en effet, besoin d’acide pour transformer le minerai en fertilisant.
Les raisons géostratégiques que tout le monde trouve évidentes pour notre industrie ou notre énergie le sont tout autant pour assurer la résilience de notre système de production agricole. Et plus nous nous passerons de ces dopants pétrosourcés et polluants plus nous lutterons contre la baisse des rendements, contre l’inflation, contre l’appauvrissement des sols, contre les maladies diverses et variées que nous semons dans nos champs et retrouvons dans nos verres et assiettes … ou dans les vêtements que nous portons.
Pour notre indépendance agroalimentaire il faut aussi couper les ponts, et les pipelines … et reconstruire d’autres liens, vivants, avec les mycorhizes, les bactéries, les phéromones, les kairomones, les changements de pratiques, les solutions fondées sur la nature ou bio-inspirées … Repenser écosystème, résilience territoriale, boucles locales, santé globale, c’est aussi ça penser géostratégie.

STARTUPS >> Dionymer lève 7 millions d’euros
Une technologie – française – bio-inspirée pour transformer n’importe quel déchet organique en biopolymer biodégradable à la place de molécules pétrosourcées !
Une réelle alternative industrielle aux polymères pétrochimiques et polluants est en route.
Nouvelle levée de fonds de 7 millions. Avec BNP Paribas Développement – Patricia Leyrat / Bpifrance – Alix Khaitrine / UI Investissement – Emilie RICHARD / NACO – Thibaut Richebois. >> On connaît bien Dionymer à Biomim’expo où Thomas Hennebel avait été lauréat du concours Biomim’

STARTUPS >> Sinallagma relance les charpentes réciproques
L’entreprise installée à Paimpont, en Ille-et-Vilaine, explore les possibilités offertes par la technique ancestrale des charpentes réciproques, qui permettent de créer des structures en bois sans clou ni vis. Son concept permet notamment d’installer des îlots de fraîcheur urbains végétalisés.
Deux ans de développement ont été nécessaires à Vincent Bechtel, ingénieur et charpentier qui a fondé cette société, pour mettre au point son concept à partir des rares travaux académiques existants et développer en interne un logiciel ad hoc, nécessaire au dessin des structures ou aux calculs mécaniques.
Labellisée French Tech et dotée du statut de Jeune entreprise innovante, a récemment lancé sa marque Voltige, dont l’une des créations a été présentée lors du forum international Bois construction, organisé fin février au Grand Palais, à Paris.
En attendant de commercialiser cette gamme, Sinallagma, qui prévoit de tripler au minimum cette année son chiffre d’affaires de 250.000 euros réalisé en 2025, entend boucler une première levée de fonds d’ici à cet été. Préparée avec GwenneG, un spécialiste breton du financement, l’opération a pour objectif de réunir entre « 600.000 euros et un million », selon Vincent Bechtel.
On connaît bien Vincent et Sinallagma à Biomim’expo car cette technique est directement inspirée de l’ingéniosité des formes du vivant. Vous retrouverez Sinallagma à Biomim’expo 2026 les 22 et 23 octobre à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris.

TENDANCES >> Vu à la télé, lorsque le mycélium révolutionne la matière
Au JT de 20h de France 2 : Matériaux de demain : créer des objets grâce aux champignons
Saviez-vous que les champignons ont des vertus exceptionnelles : ils permettent de fabriquer des chaussures, des meubles, des coussins grâce à leur composant unique : le mycélium, qui pourrait à terme remplacer le cuir et le plastique. Et de grandes marques ont déjà franchi le pas, avec ces produits 100 % biodégradables.
> Fungus Sapiens avec Mariana Dominguez Penalva. Le textile écologique qu’elle fabrique dans son laboratoire à partir de mycélium, de graines et de sciure de bois devient un nouveau matériau pour faire des chaussures, des portefeuilles, des portes lunettes », etc.
> Koz Surfboards et leur incroyable planche de surf en champignons
> Loop biotech qui propose des … cercueils en mycélium !
> Permafungi en Belgique qui propose une grande gamme de produits, depuis la décoration jusqu’aux emballages, flacons , etc.
Le mycélium est devenu une des stars de Biomim’expo, et chaque année davantage. C’est une réelle alternative aux produits pétrosourcés, que ce soit dans la mode, les accessoires ou dans l’industrie. Mariana est une habituée depuis des années, Thibaut de Koz nous a rejoint en 2025, nos amis belges de Permafungi viendront nous l’espérons cette année, Côme Di Meglio a exposé en tant qu’artiste également. Nous devons citer également nos amis Biogerion Institute qui ont rejoint la famille Biomim’expo en 2025 et qui proposent un matériau mycélium pour une large gamme d’usages … Vous pourrez les retrouver, et surtout toucher les matières, à Biomim’expo 2025, où Simon Mandin sera également à nouveau présent avec sa matériauthèque de plus de 300 échantillons.

RAPPORT >> Le WWF a sorti son rapport NAT 40, c’est majeur et inédit !
Le WWF-France a publié l’indice NAT 40 et appelle les entreprises françaises à accélérer leur transformation en faveur de la nature face à l’urgence écologique. Une alerte par ailleurs corroborée par la Banque centrale européenne qui estime que 72% des entreprises de la zone euro risquent d’être confrontées à d’importants problèmes économiques en raison de la dégradation des écosystèmes. Cette fois-ci WWF France a mesuré l’état de prise en compte et d’avancement. Et on n’est pas au rendez-vous ! Ou plutôt, tout reste à faire.
❗ Malgré des progrès en matière de transparence et l’émergence de bonnes pratiques, les grandes entreprises françaises sont loin d’adopter des stratégies de préservation de la nature à la hauteur des défis.
❗Aucune entreprise du CAC 40 ne dispose à ce jour d’un plan de transition nature formalisé.
❗La meilleure note obtenue est de 52/100 et une seule entreprise atteint la moyenne.
❗Ces scores traduisent un décalage persistant entre les discours affichés et la profondeur des transformations engagées.
❗Les chaînes d’approvisionnement demeurent largement négligées, que ce soit en termes de mesure des impacts ou de définition d’objectifs de durabilité.
❗Si 80 % des entreprises disposent d’objectifs climatiques SBTi compatibles avec l’Accord de Paris, une seule a adopté à ce jour des cibles SBTN alignées sur la science.
❗Les plans d’action ne sont pas assortis de plans de financement crédibles.
❗68 % des entreprises n’intègrent aucun indicateur lié à la nature dans la rémunération variable de leurs dirigeants.

LIVRE >> « L’Agriculture qui régénère la Nature » par Sébastien Roumegous
L’Agriculture qui régénère la Nature: comprendre pourquoi et comment l’agriculture est l’outil le plus puissant pour régénérer nos écosystèmes et … relations entre nature et société humaine.
En régénérant les sols, en protégeant l’eau et en recréant des paysages vivants, l’agriculture peut devenir l’alliée la plus puissante de la nature.
Dans L’Agriculture qui régénère la Nature, découvrez des clés concrètes pour produire durablement tout en restaurant les écosystèmes, issues d’expériences de terrain et d’innovations éprouvées. L’agriculture n’est pas destinée à polluer, au contraire, elle constitue la seule industrie capable de régénérer les fonctions vitales de nos écosystèmes. À condition de choisir les pratiques agricoles qui le permettent…
Sébastien Roumegous, ingénieur agronome et fondateur de Biospheres, accompagne depuis plus de 15 ans agriculteurs et filières agroalimentaires dans la mise en œuvre de pratiques régénératrices, sur des centaines de milliers d’hectares à travers le monde.
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