Biomim LAB Show 2020

Par séquence de 30 minutes, des chercheurs et entrepreneurs font devant vous des démonstrations et des manips sur une scène ouverte posée au coeur de l’événement.


Compte-tenu du report de Biomim’expo 2020 du 20 octobre à une nouvelle date (début décembre), le programme prévu sera peut-être un peu adapté, mais devrait très largement être reproposé à l’identique.


10h30 – 11h 

« BeachCorail » : L’océan au service de la consolidation du littoral. Synthèse de Beachrock ou la biominéralisation pour la consolidation et la protection du littoral.

 

Marc Jeannin, Maître de conférence HDR en physique, Laboratoire des sciences de l’ingénieur pour l’Environnement (LaSIE)

L’augmentation considérable de l’érosion des côtes océaniques ces dernières années est devenu un enjeu majeur. Les digues s’effondrent du fait de l’affouillement par les vagues. Notre étude a pour objectif de développer un système de renforcement des côtes capable de « s’auto-alimenter » à partir des éléments naturels de l’eau de mer, en nous inspirant des « beachrocks », roches qui se forment naturellement sur les côtes océaniques par précipitation du carbonate de calcium sous l’action à la fois de plusieurs communautés microbiennes et de l’électrochimie.

Le LaSIE développe depuis quelques années une technique permettant d’induire la précipitation de dépôts calcomagnésiens (ciment naturel entre les sédiments marins) en appliquant un courant électrique sur des grilles métalliques placées en eau de mer. En y associant des bactéries marines calcifiantes isolées par les microbiologistes du laboratoire LIENSs, nous développons un « simulateur » de beachrock permettant la formation accélérée d’un éco-matériau dont la résistance serait similaire à celle d’une roche.

Résumé


11h15 – 11h45

« AquaSouple » : Design mécanique souple inspiré des plantes aquatiques. Plier pour mieux résister aux courants et aux vents

 

Sophie Ramananarivo, Maître de conférence, Laboratoire d’hydrodynamique de l’Ecole polytechnique et du CNRS (LadHyX)

Comment les plantes survivent-elles à des vents violents ou des courants ? Et peut-on s’en inspirer pour développer des structures résilientes capables de s’adapter à des changements de leur environnement sans intervention humaine?

Les végétaux tirent parti de leur flexibilité pour plier et adopter une forme plus profilée sous écoulement. Cette stratégie permet de réduire les efforts auxquels ils sont soumis, et de prévenir ainsi la casse ou l’arrachement. Vous découvrirez comment la morphologie particulière des plantes et de leurs feuilles conditionne la façon dont ils se déforment, offrant des solutions intéressantes pour le développement de structures résistantes aux vents et courants pour l’ingénierie et l’architecture.

Résumé


12h – 12h30

Conception d’un robot bio-inspiré pour l’inspection des canalisations

 

Damien Chablat, Directeur de Recherche, Laboratoire des Sciences du numerique de Nantes (LS2N)

Les robots d’inspection de canalisations jouent un rôle important dans des industries telles que le nucléaire, la chimie et les eaux usées. Ils peuvent opérer avec précision dans un environnement irradié ou pollué, réduisant ainsi les risques pour les humains.

Le travail présenté s’inspire de la locomotion des vers ainsi que des structures des articulations humaines avec les tendons et les muscles. Deux réalisations mécatroniques seront présentées pour montrer comment la robotique peut s’inspirer de la nature pour reproduire ces propriétés. Le premier système est un mécanisme à pattes et le second utilise des structures de tenségrité qui utilise des corps rigides, des câbles et des ressorts. 

Résumé


14h30 – 15h 

Démonstration, « fusil à la main » de la dispersion de phéromones comme substituts aux pesticides pour la protection des forêts, jardins et cultures

 

Johann Fournil, Directeur marketing, communication et partenariat de M2i Life Sciences.

L’abolition de l’usage des pesticides pour la protection des cultures fait de plus en plus l’objet d’un consensus dans nos sociétés actuelles. Il existe en effet d’autres méthodes tout aussi productives et ne présentant pas les dangers liés à ces intrants. C’est cette alternative que développe l’entreprise M2i Life Sciences dans son initiative M2i Biocontrol. Comment ? En s’appuyant sur des leurres à base de phéromones sexuelles pour prévenir la reproduction des insectes ravageurs et donc la naissance de larves. En reproduisant ces odeurs et en les dispersant massivement et de manière homogène sur les parcelles, on crée une confusion sexuelle qui protège les cultures de manière durable, sans aucun impact nocif ni pour la biodiversité, ni pour l’environnement, ni pour les Hommes. 
Résumé


15h15 – 15h45

A la découverte des poissons-robots artificiels

 

Frédéric Boyer, Enseignant-chercheur, ingénieur en mécanique, docteur en robotique, IMT Atlantique.

Un essaim de poissons-robots sous-marins pour surveiller l’environnement

Le projet européen H2020 Subcultron, avec la participation de l’équipe robotique d’IMT Atlantique, a réussi après 4 ans de recherche à lancer une flotte autonome de robots sous-marins dans la lagune de Venise.

Cette méthode novatrice de surveillance à long terme s’appuie sur la synchronisation de plus d’une centaine d’unités autonomes de 3 types de robots, inspirés des poissons, moules et nénuphars, et sur l’intégration d’un 6ème sens bio-inspiré dit « sens électrique ». Les moules artificielles récoltent les données physiques sur l’environnement en se basant sur un système de recharge innovant par cultures de bactéries, les nénuphars flottants alimentés par énergie solaire traitent ces données et la coordination est assurée par les poissons.

Alliant électronique et biomimétisme, ce véritable essaim permet de collecter des données environnementales sur les interactions complexes entre faune, flore, industrie, tourisme et écologie dans les fonds marins agités de la lagune.

Frédéric Boyer est un passionné de biologie. Titulaire d’une thèse en robotique de l’université Paris Diderot, il commence par faire « des mathématiques toute la journée en mécanique géométrique pour les structures en grande déformation : les câbles, les robots mous… », puis passe son Habilitation à Diriger les Recherches et se lance dans la robotique bio-inspirée. Le prix Michel Monpetit, lui a été décerné en 2006 par l’Académie des Sciences pour ses travaux en dynamique. Plus récemment, son équipe et lui ont reçu le prix La Recherche 2014 dans la catégorie technologie, pour leur travaux sur le sens électrique. Ces résultats motivent Frédéric Boyer pour faire une recherche encore plus applicative « conciliant mon amour de la nature avec mon activité ». Son équipe collabore avec les autres laboratoires de Mines Nantes : Subatech (unité mixte de recherche dans le domaine du nucléaire) pour les capteurs, et le DSEE (Département Systèmes Énergétiques et Environnement) pour la mécanique des fluides, et avec plusieurs laboratoires européens. 

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