Aïna QUEIROZ – Speaker 2019

Responsable Innovation et Communication Scientifique, SEQENS Cosmetics.

Son intervention :

Automédication chez les primates : vers un nouveau modèle bio-inspiré de découverte de phytomolécules d’intérêt

Et si l’observation comportementale de certaines espèces animales nous donnait accès à de précieux indices dans l’identification de nouveaux composés bioactifs ?

La zoopharmacognosie repose sur l’observation suivante : pour se soigner, certaines espèces animales utilisent des plantes sans valeur nutritive particulière contenant toutefois des métabolites secondaires d’intérêt pour certaines pathologies qui les affectent. Des premières observations concernant l’automédication chez le primate avaient été décrites par Janzen (1) en 1978 et cette recherche a pris de l’ampleur ensuite avec des investigations réalisées sur le babouin en Éthiopie (2).

Le processus de découverte de nouvelles substances naturelles est principalement articulé aujourd’hui autour de la chimiotaxonomie, du criblage bioguidé, ou encore de l’ethnopharmacologie (connaissances traditionnelles chez l’Homme). Au-delà des connaissances générées par l’humain, il y aurait donc une pertinence à (re)considérer le tropisme naturel de certaines espèces envers des plantes inhabituelles dans le cadre de leur régime.

Ces observations ayant encore été peu exploitées dans la sélection de plantes pour la pharmacologie et/ou la dermatologie, SEQENS Cosmetics s’intéresse donc de plus près à ce champs de recherche via une plateforme de découverte dédiée à la zoopharmacognosie. Une première étude a ainsi été initiée à partir d’une plante capable de protéger le myocarde des gorilles via des mécanismes liés à l’inflammation. Fort de son expérience en extraction végétale, le laboratoire travaille ainsi sur l’identification de fractions anti-inflammatoires pouvant répondre à des désordres inflammatoires rencontrés chez l’Homme.

Plusieurs actions sont également en cours d’étude pour préserver, en parallèle, certaines zones sujettes au conflit Homme-Animal et pour favoriser l’accessibilité de ces plantes aux espèce animales dans leur biotope d’origine.

Références :

(1) Janzen DH (1978) Complications in interpreting the chemical defenses of trees against tropicalarborealpl ant-eating vertebrates. In: Montgomery GG (ed) The ecology of arboreal folivores. Smithsonian Institution Press, Washington, D.C., pp 73–84

(2) (2) Phillips-Conroy JE (1986) Baboons, diet, and disease: food plant selection and schistosomiasis. In: Taub D, King F (eds) Current perspectives in primate socialdynamics. Van Nostrand Reinhold, New York, pp 287–304

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